Etude probabiliste des vagues de chaleur marines aléatoires
J-27
Doctorat Doctorat complet
Terre & Univers
Auvergne-Rhône-Alpes
- Disciplines
- Autre (Terre & Univers)
- Laboratoire
- 1457 Institut des Géosciences de lEnvironnement (IGE)
- Institution d'accueil
- UNIVERSITE GRENOBLE ALPES
Description
Les vagues de chaleur marines (MHW) sont des événements où la température de la mer observée in situ ou par satellite dépasse largement les conditions normales pendant plusieurs jours à plusieurs mois (Juza et al., 2022). Le réchauffement climatique intensifie depuis les années 1980 lintensité, la durée et la fréquence des MHW, et dégrade les écosystèmes (Hobday et al., 2016). Les projections climatiques indiquent que leur durée/intensité moyenne actuelle de 25 jours/0,8 °C pourrait tripler ou quadrupler si le réchauffement atteignait 3,5 °C (Frölicher et al., 2018).Les simulations océaniques (ex. Pilo et al., 2019) et les réanalyses (Von Schuckmann et al., 2025) permettent des études détaillées des MHW, de leur structure 3D, et de leur variabilité forcée par latmosphère (VFA). La plupart de ces études négligent pourtant un phénomène révélé par des simulations ensemblistes : linstabilité des courants génère des fluctuations aléatoires (variabilité intrinsèque chaotique, VIC) de température et de nombreux indices océaniques qui peuvent excéder la VFA, de léchelle des tourbillons à celle des gyres et de décennies (https://tinyurl.com/mr65wwnn ; Héron et al, 2026).
Lanalyse préliminaire dune simulation ensembliste de la Méditerrannée sur 40 ans a montré que lévolution des MHW en surface associée à la VFA est rendue notablement aléatoire par la VIC, qui influence le préconditionnement océanique. Nous avons constaté que cet effet, déjà identifié à mésoéchelle (Chapman et al., 2025), atteint des échelles bien plus grandes : en moyenne sur 1 an et sur 75000 km2, la durée (intensité) des MHW peut séchelonner de 14 à 40 jours (0,7 à 1,1 °C) selon le membre de lensemble (https://tinyurl.com/nh626x6x). Quantifier ces incertitudes et en comprendre lorigine améliorerait la prévision des MHW, et aiderait à évaluer et concevoir des Aires Marines Protégées (AMP) efficaces : selon Arafeh-Dalmau et al. (2023), lévolution des MHW et du climat nuira aux espèces vulnérables en transformant les AMP en « îlots de vulnérabilité » via une réduction de 50% de leur connectivité mutuelle, un chiffre quil faudra réévaluer au regard de ces incertitudes.
Ces enjeux plaident pour une étude probabiliste dédiée des MHW en Méditerranée, un bassin particulièrement touché (https://tinyurl.com/y4yb8jhe), avec une extension potentielle à lAtlantique Nord. Par le développement de métriques et doutils adaptés (comparaison modèle-observation, statistiques climatiques), nous examinerons à différentes échelles comment la VIC, en plus de la VFA et du changement climatique (Simon et al., 2023), influence les MHWs en 3D (la variabilité océanique étant plus aléatoire en profondeur : Penduff et al., 2018), leurs tendances à long terme et leur saisonnalité. Nous identifierons les mécanismes par lesquels la VIC transmet son caractère aléatoire au préconditionnement océanique, limitant ainsi la prévisibilité des MHW.
Dirigée par T. Penduff (IGE) et co-encadrée par A. Simon (LOPS), cette thèse impliquera également M. Juza (SOCIB). Elle contribuera aux projets MEDIATION et MAHEWA (PPR Océan & Climat), en exploitant observations in situ/satellitaires et données synthétiques densemble (cartes SST et profils Argo), soutenant ainsi les activités dOSSE initiées par lINSU/CNRS et promues à lIGE.
Arafeh-Dalmau et al. (2023) : https://doi.org/10.1016/j.oneear.2023.10.002
Chapman et al (2025) : https://doi.org/10.1029/2024JC021395
Close et al (2020) : https://doi.org/10.1016/j.pocean.2020.102314
Frölicher et al (2018) : https://doi.org/10.1038/s41586-018-0383-9
Hobday et al (2016) : http://dx.doi.org/10.1016/j.pocean.2015.12.014
Juza et al (2022) : https://doi.org/10.3389/fmars.2022.785771
Penduff et al (2018) : https://doi.org/10.5670/oceanog.2018.210
Pilo et al (2019) : https://doi.org/10.1029/2019GL084928
Simon et al (2023) : https://doi.org/10.1016/j.wace.2023.100619
Von Schuckmann et al (2025) : https://doi.org/10.5194/sp-6-osr9
Compétences requises
Ce sujet de thèse s'adresse à un(e) étudiant(e) motivé(e), intéressé(e) par la physique océanique, par l'analyse physique et statistique de simulations ensemblistes et d'observations. Un Master en océanographie physique, en météorologie, en sciences du climat, ou en mécanique des fluides géophysiques est requis. Une très bonne bonne maîtrise d'outils d'analyse informatique de grandes bases de données (idéalement Python) sera un plus.Bibliographie
Arafeh-Dalmau et al. (2023) : https://doi.org/10.1016/j.oneear.2023.10.002Chapman et al (2025) : https://doi.org/10.1029/2024JC021395
Close et al (2020) : https://doi.org/10.1016/j.pocean.2020.102314
Frölicher et al (2018) : https://doi.org/10.1038/s41586-018-0383-9
Hobday et al (2016) : http://dx.doi.org/10.1016/j.pocean.2015.12.014
Juza et al (2022) : https://doi.org/10.3389/fmars.2022.785771
Penduff et al (2018) : https://doi.org/10.5670/oceanog.2018.210
Pilo et al (2019) : https://doi.org/10.1029/2019GL084928
Simon et al (2023) : https://doi.org/10.1016/j.wace.2023.100619
Von Schuckmann et al (2025) : https://doi.org/10.5194/sp-6-osr9
Mots clés
Océanographie physique, Modélisation ensembliste, Evènements extrêmes, Prévisibilité, Climat, Analyse statistiqueOffre financée
- Type de financement
- Contrat Doctoral
Dates
Date limite de candidature 22/05/26
Durée36 mois
Date de démarrage01/10/26
Date de création20/02/26
Langues
Niveau de français requisC1 (autonome)
Niveau d'anglais requisC1 (autonome)
Divers
Frais de scolarité annuels400 € / an
Contacts
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